lundi 11 mars 2002 - 17 h 48 - Olivier DE LOS BUEIS
Une extraordinaire équipe du Brésil, emmenée par un Pelé en état de grâce, s'adjuge sa troisième Coupe du monde. Dans le sillage des Cariocas, les autres équipes vont retrouver le chemin du spectacle, offrant aux spectateurs mexicains la plus belle Coupe du Monde de l'histoire.
La plus belle. La plus spectaculaire. La plus émouvante. Joueurs ou observateurs, ceux qui ont participé ou assisté à la Coupe du Monde 1970 ne se lassent pas de rappeler la qualité du jeu déployée lors de ce Mondial mexicain. Après les JO en 1968, le pays d'Amérique central s'est vu offrir le deuxième événement majeur sportif deux ans plus tard, pour le plus grand bonheur des spectateurs aztèques. Pourtant, tout n'était pas rose avant cette compétition. Les dernières éditions se sont révélées fades lorsqu'elles n'étaient tout simplement médiocres. Et la non-qualification de grands pays comme la France, l'Espagne, la Hongrie ou l'Argentine pouvait laisser craindre pour le niveau de cette IXeme édition. Le premier tour n'allait pas inciter les gens à croire à des jours meilleurs pour le football. Dans le groupe II, réunissant l'Italie, l'Uruguay, la Suède et Israël, les filets ne tremblent ainsi que six fois ! Les Transalpins se qualifient même en n'inscrivant qu'un but, face à la Suède...
Italie, Uruguay, Mexique, URSS, Allemagne, Pérou, Angleterre et Brésil. Voilà les huit rescapés d'un premier tour où les Cariocas – emmenés par un intenable Pelé – ont déjà fait preuve de leur talent. La Seleçao doit toutefois se méfier d'un surprenant Pérou. Cubillas et ses coéquipiers ne se présentent pas en victimes expiatoires et disputent âprement la qualification : en pure perte puisque le Brésil s'impose 4 à 2 dans un match spectaculaire. Spectacle, le mot est lâché. Lors de ces quarts, le football retrouve ses droits : l'Italie bat le Mexique 4 à 1 grâce notamment à Riva et Rivera. La RFA prend sa revanche sur l'Angleterre après prolongation (3-2). Seule la rencontre entre la Céleste et l'URSS ne donne pas lieu à un festival de buts. L'Uruguay s'impose 1-0 sans briller.
On sait déjà que la finale opposera une équipe sud-américaine à une nation européenne puisque le Brésil et l'Uruguay sont confrontés alors que l'Italie et l'Allemagne ont rendez-vous. Ces demi-finales sont royales puisque à eux quatre, les pays qualifiés rassemblent pas moins de 7 victoires finales ! Les Brésiliens, dominateurs, vont avoir du mal à se débarrasser des Uruguayens. Si la supériorité de l'équipe de Pelé est incontestable, elle ne se reflète au tableau d'affichage qu'en fin de rencontre. Après avoir été menés 1-0, les Cariocas s'imposent 3 à 1 grâce à Clodoaldo, Jaïrzinho et Rivelino. Leurs adversaires en finale : le vainqueur de l'épique Italie-Allemagne de l'Ouest. Fatiguée par son match face à l'Angleterre, la Mannschaft réussit à accrocher la prolongation (1-1). La demi-heure supplémentaire est extraordinaire. Les deux formations se rendent coup pour coup, but pour but jusqu'à ce que l'équipe de Beckenbauer (qui joue avec le bras en écharpe suite à une blessure à l'épaule) ne craque sur un ultime coup de butoir signé du joker de luxe transalpin Rivera (4-3).
L'Italie, exsangue, s'offre le droit d'affronter le Brésil au stade Aztèque le 17 juin. Sans Rivera, encore laissé sur le banc, les Transalpins espèrent récupérer un titre qui leur échappe depuis 1938. Mais le Brésil est fort. Très fort. Trop fort. Face au jeu défensif italien, les Cariocas vont déployer des trésors d'imagination. Finalement la supériorité des Brésiliens va être incontestable : Pelé, Gerson, Tostao et Carlos Alberto inscrivent quatre buts magnifiques. Boninsegna sauve l'honneur de son équipe. Le Brésil décroche son troisième sacre et s'adjuge définitivement le trophée Jules Rimet. La petite victoire aux ailes d'Or va s'installer définitivement au Brésil. Pelé, lui, décroche également son troisième sacre et rentre définitivement au Panthéon des footballeurs. Le football a retrouvé toute sa magie et sa beauté lors de cette édition. Pour le plus grand plaisir de tout le monde. Merci le Brésil.
* Merci Brésil
Dans les coulisses de la Coupe du Monde 1970
Bobby Moore arrêté...
Bobby Moore se souviendra de ce Mondial Non seulement il perd son titre de champion du Monde et surtout il est accusé d'avoir dérobé en Colombie, avant un match de préparation pour le Mondial, un bijou serti d'émeraudes. Il sera arrêté une journée. Pas idéal pour préparer une Coupe du Monde.
Le plus beau but de Pelé :
Face à l'Angleterre, Pelé va marquer ce qu'il considère comme son plus beau but : « Le plus beau but que j'ai marqué, Gordon Banks l'a arrêté ! » D'un coup de tête semble-t-il imparable, Pelé pense avoir trompé le goal anglais. Mais Banks réalise une parade entrée dans la légende au pied de son poteau...
L'Allemagne prend sa revanche :
Battue dans des conditions douteuses par l'Angleterre en demi-finale de la Coupe du Monde 1966, la RFA se venge en battant après prolongation l'équipe de Bobby Moore (3-2) c'est Gerd Muller qui inscrit le but de la victoire allemande. Le buteur allemand inscrira au total 10 buts dans cette compétition et sera sacré meilleur réalisateur.
La Coupe du Monde Jules Rimet s'envole pour Rio :
Le 17 juin, la Coupe du Monde Jules Rimet sait qu'elle va partir pour Rome ou Rio. Les deux finalistes ayant déjà gagné deux éditions, le vainqueur savait qu'il remporterait pour de bon le trophée original. Finalement, la Coupe du Monde Jules Rimet partira pour le Brésil. Nul doute que cet épilogue aurait plu au créateur de l'événement.
Record d'affluence :
Le public mexicain, qui a déjà eu droit aux Jeux Olympiques deux ans plus tôt, se rue dans les enceintes de cette Coupe du Monde de football : 1.673.975 spectateurs assistent aux rencontres, soit environ 60.000 de plus qu'en Angleterre.
La moyenne de buts remonte :
2,6 buts marqués lors de ce Mondial, les attaques se sont réveillées. Meilleur résultat enregistré depuis 1958, ce score doit surtout au réveil des buteurs à partir des quarts de finale.